Table ronde : le court métrage en Afrique


Samedi 22 février 2014 à 17h30

« Le court-métrage en Afrique : état des lieux politique, économique et créatif sur un secteur en mutation ».

Table ronde animée par Claire Diao, journaliste et critique de cinéma africain.

Nouvelle Salle Bleue. Entrée libre.

>> Pendant longtemps, le court-métrage a été considéré comme un essai avant de passer au long-métrage. Cette sorte de « brouillon de travail » permettait ainsi aux cinéastes de se faire la main sur toutes les étapes de production d'un film.

Les pionniers du cinéma en Afrique, souvent formés dans les grandes écoles de cinéma occidentales (l'IDHEC de Paris, l'INSAS de Bruxelles, le VGIK de Moscou), s'essayèrent à ce type d'exercice. À titre d'exemple, Octobre d'Abderrahmane Sissako (Mauritanie, 1993), tourné à Moscou à la suite de ses études au VGIK, offrit à Sissako sa première reconnaissance sur la scène internationale : le Prix « Un certain Regard » du Festival de Cannes 1993.

Au fil des années, le court-métrage a pris de l'ampleur, devenant un genre à part entière, adulé dans le monde entier et bien représenté par les festivals de cinéma – plus que les télévisions qui lui accordent au mieux des créneaux de diffusion nocturne ou au pire, aucune place dans leurs programmes.

Bien que de grands festivals comme les Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie), le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina Faso) ou le Durban International Film Festival (Afrique du Sud) fassent la part belle à ce format court, peu de gouvernements le soutiennent financièrement. On pense à l'Egypte, au Maroc, à la Tunisie, à l'Algérie et à l'Afrique du Sud, quoi que les réalisateurs dépendent souvent de leurs relations avec les Ministères pour obtenir une subvention.

D'un point de vue économique, la majeure partie des financements parviennent donc de l'extérieur : la France, l'Allemagne, les Etats-Unis ou le Qatar subventionnent la réalisation de courts-métrages soit par des guichets cinématographiques, soit via des chaînes de télévision.

Le secteur créatif ne cesse pourtant d'évoluer, flirtant récemment avec de nouveaux genres tels que la science-fiction (Pumzi de Wanuri Kahiu, Kenya, 2010 ; Umkhongo de Matthew Jankes, Afrique du Sud, 2011).

Bien que révélateur du potentiel narratif qui nourrit les réalisateurs du continent, la Culture est encore assujettie au regard de la politique : montrer une bonne image du pays, ne pas aborder les sujets qui fâchent sont encore des freins à la liberté d'expression et de
financement des réalisateurs de courts-métrages en Afrique.

Claire Diao

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