Edito : 15 ans déjà…

depuis que le réalisateur congolais David-Pierre Fila nous proposait de faire du court, qui n’avait pas trouvé jusque-là de véritable lieu, tant en Europe qu’en Afrique, ou d’autres continents. Depuis, CinéSud a su devenir un espace de référence du court métrage africain.

Petit parmi les grands, implanté à l’écart des capitales, notre festival se doit de briller de mille feux pour être remarquable, tout comme le film court. Ce creuset du 7ème art est au long métrage ce que la nouvelle est au roman. La brièveté d’une œuvre est fréquemment synonyme de fulgurance, de rayonnement. Souvent première réalisation, des auteurs confirmés y recourent aussi, y trouvant une forme adéquate à certains sujets, ou moments de création.

Véritables petits bijoux, ces perles de culture sont l’inaliénable trésor du continent africain. Qu’il s’agisse de pétrole, de forêts, d’uranium, d’or, ou que sais-je encore, les richesses du sol et du sous-sol africain sont convoitées par toutes les nations, des anciennes puissances coloniales européennes à la Chine, en passant par les Amériques. Seuls les diamants de la culture échappent à cet appétit féroce.
Les réalisateurs africains, et pas seulement ceux de la diaspora, sont loin d’être arcs-boutés sur leur culture traditionnelle et nourricière. Pour qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, ils participent de l’Histoire en marche : leur métissage culturel et leur ouverture au monde en témoignent.

En apportant une visibilité à leurs films courts, CinéSud devient partenaire des cinéastes d’Afrique. Centre de ressources potentiel pour le court métrage africain, notre festival a pour horizon de trouver son alter ego sur le continent africain. Car, loin de vouloir confisquer ses ressources, nous serons très heureux de les mutualiser avec des alliés en terre d’Afrique, avec qui travailler dans la réciprocité.

Pour l’heure, notre investissement de toute une année se concrétise pendant ces journées de festival.
Nous sommes heureux et fiers de pouvoir accueillir de nombreux réalisateurs venus soutenir leur film et échanger avec les spectateurs, et de proposer une programmation de qualité à notre public.
Cet enrichissement merveilleux du temps de la rencontre est le phare qui guide toute notre année de travail : salariés et les bénévoles s’y ressourcent.
Que réalisateurs et public participent de cet enrichissement mutuel, cela est notre plus profond souhait.

Bon festival à tous !

Agnès Coulon
Déléguée générale CinéSud